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Nathalie Penanguer-Cosperec

Artiste-peintre

En hiver 1989, je rencontre la Creuse à travers la Cellette grâce à Gilles mon mari et en tombe amoureuse.

Je rêve déjà d’y habiter et de créer, inspiration oblige.

Il faudra attendre 2014 pour une domiciliation à temps complet, et l’envie de créer mon atelier.

Le voilà, il m’attend avec ses pots et ses pinceaux en 2017.

Et là, je lâche une carrière dans les sphères de la finance pour reprendre mes amours de formation d’arts « Ecole Estienne » que je n’avais jamais oubliées et toujours pratiquées.

L’inspiration devient facile avec la faune et la flore de ce terrain si propice.

Je garde un regard sur le monde à travers ma sensibilité en dessinant l’humanité.

Un quotidien de plaisirs et d’amours à interpréter pour faire rêver chacun juste pour un instant.

Rendre accessible l’art à tous.

Et ne pas oublier mes chats, fidèles compagnons de mes crayons et de mes créations.

Penanguer-Cosperec Nathalie - Fleurs
Penanguer-Cosperec Nathalie - décoration sur verre

Nathalie Penanguer-Cosperec

Le Mas 20
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Bignet Père et Fils

Une famille d'artisans couvreurs

Jules puis Jean puis Pierre et maintenant Paul : le virus se transmet de génération en génération, je n’y ai pas échappé. Au départ, dans les années 1930, il s’agissait d’une entreprise de plomberie – couverture. Elle s’est transformée au fil des décennies pour assurer dans les années 1970 la couverture, la zinguerie et l’isolation.

J’ai récemment repris l’entreprise en tant que gérant, aux côtés de mon père Pierre qui y a exercé près de quarante ans. Il me laisse progressivement reprendre les rennes de cette entreprise familiale.

Auparavant j’ai suivi les formations indispensables aujourd’hui pour pouvoir diriger une entreprise du bâtiment : en 2003, un CAP de couvreur au Centre de Formation des Apprentis du Moulin Rabaud à Limoges ; puis un brevet professionnel au CFA du bâtiment de la vienne (86580 Saint Benoit) près de Poitiers en 2007. Et par la suite une formation de 18 mois à l’Ecole Supérieure des Jeunes Dirigeants du Bâtiment. Ces formations sont complétées par les certifications Qualibat et RGE.

Ma mère assurait la gestion administrative et le secrétariat. Elle va laisser la main à mon épouse qui continuera avec la même rigueur. Au total, l’entreprise comprend 6 employés.

L’essentiel de notre clientèle est locale et elle est parfois fidèle depuis des générations. Elle est composée de particuliers, de collectivités locales et d’organismes d’habitations à loyer modéré.

Un exemple de chantier récent est celui conduit à Genouillac pour le remplacement de la couverture des logements sociaux. Plus de 1500 m2 de toiture sur ces bâtiments en plein centre bourg. Pour préserver l’aspect traditionnel, nous avons choisi des ardoises Pommay aux teintes flammées. Esthétiques, résistantes, elles répondent aussi aux contraintes de budget.

Sous l’égide de la Fondation du Patrimoine, nous avons refait la toiture d’une ancienne ferme. Avec les Bâtiments de France, nous avons réhabilité la couverture d’une ancienne abbaye et participé à la restauration d’une église. Cela constitue à chaque fois l’occasion de rechercher le matériau qui répond le mieux à ces rénovations exigeantes.
Mon travail est très varié et enrichissant. Le quotidien se partage entre la préparation et l’organisation des chantiers, le travail proprement dit sur les chantiers et les échanges avec les clients. Ma grande satisfaction est de contenter ces derniers et de contribuer au maintien en bon état de notre bel habitat Creusois.

Pour la future génération !

 

Bignet - 03

SAS Bignet et Fils

13, bis Montfargeaud
23350 Genouillac

+33 5 55 80 86 88

Contactez-nous par mail

http://www.bignetetfils.fr

Cuisine creusoise

Flan aux courgettes de Louisette

 

Flan aux courgettes de Louisette

Certaines années, la production Cellettoise de cucurbitacée en tous genre est plutôt riche et débordante. Il y a bien des façons de cuisiner ces délicieux légumes. Parmi celles-ci voici une recette gourmande inratable, livrée par Louisette.

Type de plat Dessert
Cuisine De terroir
Keyword courgette, flan
Temps de préparation 19 minutes
Temps de cuisson 1 heure
Temps total 1 heure 19 minutes
Portions 4

Ingrédients

  • 1 Courgette moyenne
  • 1,5 verre Farine
  • 1 sachet Levure
  • 2 sachets Sucre vanillé
  • 75 grammes Beurre fondu
  • 2 verres Sucre
  • 3 oeufs

Instructions

  1. Faites cuire la courgette à l'eau et la refroidir.

    Réduisez-la en purée

  2. Mélangez à part 2 verres de sucre et 3 oeufs jusqu'à ce que le mélange blanchisse.

  3. Rajoutez la purée de courgette et tous les autres ingrédients.

  4. Mettez au four préchauffé à 200°C et patientez 40mn.

Notes

Qu'appelle-t-on "Courgette moyenne", c'est difficile à apprécier car la production peut parfois atteindre des sommets.

On peut aussi essayer cette recette avec d'autres variété de cucurbitacées.

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Pâté creusois bien garni

 

Pâté creusois bien garni

Convivial et gourmand un pâté qui fleure bon le pays berrichon

Type de plat plat principal
Cuisine De terroir
Keyword crème fraiche, lardon, pâté, poitrine fumée
Temps de préparation 30 minutes
Temps de cuisson 1 heure
Temps total 1 heure 30 minutes

Ingrédients

  • 500 grammes Pâte brisée
  • 1 kg Pomme de terre
  • 150 grammes Lardon ou poitrine fumée
  • 2 dl Crème fraîche
  • 3 oignons ou 6 échalotes
  • sel, poivre

Instructions

  1. Étalez 250gr de pâte feuilletée sur un moule à tarte de 25cm de diamètre à bord haut

  2. Tapissez de lamelles fines de pommes de terre et oignons épluchés.

  3. Ajoutez le sel et le poivre

  4. Hachez les lardons ou la poitrine, salez, poivrez, bien mélanger

  5. Étalez cette préparation sur les pommes de terre en arrosant avec la crème fraîche.

  6. Recouvrez l'ensemble avec la pâte restante et dorez avec un jaune d'oeuf.

  7. Créez une cheminée au centre du pâté pour que la vapeur s'échappe et enfournez une bonne heure dans un four à 180°C (th. 6) préalablement chauffé.

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Gâteau aux noisettes

 

Gâteau aux noisettes

Il s'agit d'un gâteau de fabrication creusoise et non pas du Gâteau Creusois.

Type de plat Dessert
Cuisine De terroir
Keyword gâteau, noisettes
Temps de préparation 20 minutes
Temps de cuisson 30 minutes
Temps total 50 minutes

Ingrédients

  • 250 grammes Noisettes en poudre
  • 125 grammes Sucre en poudre
  • 125 grammes Sucre glace
  • 5 oeufs
  • Beurre pour le moule

Instructions

  1. Préchauffez le four à 200° C

  2. Cassez les oeufs en séparant les blancs des jaunes

  3. Mélangez les jaunes avec le sucre en poudre, battre jusqu'à ce que la masse blanchisse

  4. Battez les blancs en neige ferme avec le sucre glace

  5. Incorporez-y doucement les noisettes en poudre et le mélange jaune d'oeufs/sucre

  6. Versez la préparation dans un moule à manqué préalablement beurré

  7. Enfournez et laissez cuire environs 30mn.
    Laissez refroidir, démoulez et dégustez !

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Coq au vin Cellettois

 

Coq au vin celletois

Une recette simple et goûteuse

Type de plat plat principal
Cuisine De terroir
Keyword bourgogne, champignons, cognac, coq, coq au vin, creusois, échalotes
Temps de préparation 30 minutes
Temps de cuisson 2 heures
Temps total 2 heures 30 minutes
Portions 4

Ingrédients

  • 1 Coq en morceaux
  • 1 bouteille Bourgogne
  • 10 Echalottes
  • 1 Bouquet garni (Thym, persil, laurier)
  • Quelques gouttes Arôme Patrelle Pour colorer et aromatiser la sauce
  • 1 verre à liqueur Cognac
  • 500 grammes Champignons de Paris frais
  • Sucre, sel et poivre
  • Beurre
  • évent. Maïzena

Instructions

  1. Faire dorer les morceaux de coq dans une cocotte préalablement beurrée, puis les flamber avec un verre à liqueur de Cognac.

  2. Ajouter les échalotes coupées très fines et saupoudrer le tout avec une cuillérée de farine.

  3. Faire revenir la volaille et les échalotes pendant 5mn.

  4. Ajouter le vin rouge, le bouquet garni, l’ail et le sucre et quelques gouttes d‘arôme Patrelle.

  5. Saler et poivrer. Laisser cuire environ 1 heure ½ à feux doux.

  6. En fin de cuisson, retirer le coq et mixer les échalotes, ce qui liera la sauce.

  7. Pendant ce temps, émincer les champignons de Paris et les faire cuire à la poêle.

  8. Quand ils sont cuits, les ajouter au coq au vin.

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Hommes & Paysages

Question au père Jean-Michel Bortheirie

Questions au père Jean-Michel Bortheirie

Prêtre à Gouzon, agronome de formation, ancien enseignant en économie et en philosophie au lycée agricole d’Ahun, le père Bortheirie a également œuvré au développement agricole en Afrique. Président de l’ACEM (Agriculteurs Creusois En Marche), une toute jeune association, il y a déjà réuni, grâce à son ouverture vers l’autre et sa ferveur communicative, un réseau d’amis et de collaborateurs impressionnant.

Dans quel but avez-vous organisé ce séminaire d’agroécologie ?

– Face aux difficultés d’orientation de l’agriculture et des agriculteurs, on travaille à coordonner toutes les initiatives qui permettent d’améliorer les revenus des agriculteurs, et le sens de leur vie. Ces orientations reposent sur les potentialités du sol, travaillées dans une agriculture plus durable. Il faut aussi « décloisonner » les acteurs du monde rural.

Ces orientations concernent-elles aussi les consommateurs que nous sommes ?
– L’agroécologie prône aussi de nouveaux modes de commercialisation. Elle va jusqu’au bout de la chaîne, jusqu’à la relation entre agriculteurs et consommateurs.

En fait ces problèmes concernent tout le monde, il s’agit de la gestion de notre maison commune.
Lieux remarquables

Du béton à la pâture

Du béton à la pâture

À la fin des années 80, fraîchement émoulu du lycée agricole, les choses étaient simples pour Jean-Luc Villain : pour être le plus productif possible, il faut acheter des vaches laitières Prim’Holstein (1), les conduire dans des bâtiments, et leur donner de l’ensilage de maïs et des tourteaux de soja (pour les protéines). Et aussi défricher les haies qui gênent la culture du maïs.

En peu de temps, il réussit à pousser ses vaches à produire un maximum. L’une d’elles arrive à 60 litres par jour. Et cela pendant plusieurs mois, ce qui est exceptionnel.

Un jour, il la retrouve écroulée, morte. Par la suite, Jean-Luc a l’occasion de rencontrer des éleveurs laitiers sur prairies, et constate avec surprise qu’ils gagnent bien leur vie.

En 1991, des pluies lessivent entièrement l’une de ses plus grandes parcelles, dénudée et faute de haies pour la contenir. Un autre jour, après avoir traité au lindane (2) pour tuer les taupins, il retrouve le lendemain tous les vers de terre morts, couvrant son champ.

 

Enfin, il se retrouve malade après avoir à peine touché un pesticide qu’il préparait… C’en est trop, il se décide à travailler autrement.

En 1992, avec l’aide d’une technicienne, il expérimente un mélange de céréales, cultivées sans engrais, et constate un rendement aussi bon qu’avec le maïs.

Parallèlement, il met ses vaches en pâture et replante des haies. L’année suivante, les revenus de Jean-Luc ont doublé, et il a gagné en autonomie sur le plan alimentaire.

Progressivement, sans en prendre conscience, il s’est mis sur la voie de l’agroécologie. En 2002, il obtient la certification « Agriculture biologique ».

(1) La race laitière Prim’Holstein, spécialisée dans la production de lait, est la race dominante en France
(2) le lindane est interdit en agriculture depuis 1998

Hommes & Paysages

Fenêtre sur l’agroécologie

En préambule, pourquoi cet article ? L’association DÉCLIC a reçu début septembre, une invitation à participer au séminaire d’agroécologie organisé à Guéret par l’ACEM (Agriculteurs Creusois En Marche).
Une bénévole de DÉCLIC, Marie-Hélène Faverger, a proposé de faire un reportage et elle en a tiré deux articles que nous souhaitions partager avec nos lecteurs.

Il s’agit d’une ouverture sur ce qui se passe chez nous. Selon les spécialistes de ce congrès, les agriculteurs du territoire font déjà de l’agroécologie sans le savoir !

Bonne lecture

Retrouver l'espoir avec l'agroécologie

Par Marie-Hélène Faverger

Un séminaire de haute tenue à Guéret

« Pour moi, les agriculteurs bios, c’était des barbus qui fumaient de temps en temps des pétards… », raconte Jean-Luc Villain, éleveur laitier à Archon dans l’Aisne).

C’était il y a trente ans. Aujourd’hui, Jean-Luc est devenu lui-même agriculteur « bio » et milite pour l’agroécologie. Il est venu témoigner de son expérience lors du séminaire qui s’est tenu à Guéret du 21 au 23 septembre, organisé par Jean-Michel Bortheirie et l’ACEM (cf.les deux encadrés).

Du béton à la pâture, des vaches découvrent le bonheur de vivre

À la tribune : des élus, des acteurs du monde agricole (agriculteurs, officiels, techniciens), des chercheurs universitaires, agronomes, économistes… ainsi que Gilles Clément,qui nous a gratifié d’une de ses conférences aussi poétique que lucide.

Le public mêlait un peu toutes les catégories sociales, tous les styles et tous les âges. La présence des élèves du lycée agricole d’Ahun a été chaleureusement saluée.

A côté de trois conférences de haut niveau, le séminaire a privilégié les échanges (tables rondes, débats), les visites d’exploitations, les témoignages vivants.

Partout la même volonté : non seulement de respecter la nature, mais de travailler avec elle. De favoriser l’expression harmonieuse de ses processus, au lieu de chercher à les diriger, à les contrarier ou à les canaliser.

Bref de cultiver le «génie naturel», selon l’expression de Gilles Clément.

Ne pas opposer les modes d'agriculture entre eux

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’agriculture dite conventionnelle a permis de produire d’une façon extraordinairement intensive, un miracle de la science !

Aujourd’hui, force est de constater que cette agriculture est entrée dans un cercle vicieux : les monocultures, vulnérables, demandent de plus en plus de pesticides.

Laissés à nu, les sols de plus en plus érodés et de moins en moins fertiles réclament toujours plus d’engrais.

Enfin, il y a la pollution croissante de l’environnement, et les risques pour la santé des agriculteurs et des populations.

Il n’était nullement question, au cours de ce séminaire, de faire le procès des agriculteurs qui travaillent en conventionnel.

Le plus souvent, ils ne font que reproduire ce que faisait leur père, ou appliquer des recettes qu’on leur a dictées.

Et puis les lobbies du pétrole et de la chimie veillent au grain, en garantissant au jourle jour la commercialisation de leurs produits grâce à une communication envahissante et des pressions exercées sur les instances de pouvoir.

"Tout part du sol et revient au sol"

Avec l’agroécologie, il s’agit de redonner vie à la terre, à tous les organismes vivants (bactéries, champignons, faune) qui construisent sa fertilité naturelle.
Il suffit de penser au sol forestier et à son humus : tout y pousse et les aléas climatiques ne l’affectent que très peu, c’est l’écosystème idéal. D’où le développement actuel de l’«agroforesterie».

 

Questions au père Jean-Michel Bortheirie

Sans aller aussi loin, de nouvelles techniques consistent à ne jamais laisser la terre nue et à éviter les labours. À la pointe de ces techniques révolutionnaires, neuf éleveurs autour de Boussac expérimentent le semis direct sous couvert : à l’aide d’un semoir spécial, ils sèment leurs céréales sur un lit de légumineuses et de plantes.
fourragères préalablement détruites par des procédés mécaniques.

Ce paillage apporte de la matière organique au sol, renforce son activité biologique (on parle d’«agriculture de conservation»). De plus, il le protège des pluies violentes et limite l’impact des périodes sèches : l’adaptation au réchauffement climatique est aussi un objectif de l’agroécologie.

En plus, cette technique permet une réduction de combustible, de temps de travail et la diminution progressive des traitements.

Les neuf éleveurs Boussaquins sont réunis au sein d’un Groupement d’intérêt écologique et économique (GIEE).

Des agriculteurs creusois en quête d'un avenir

Il existe actuellement 6 GIEE en Creuse, qui travaillent sur les fourrages en élevage bovin allaitant, l’autonomie en azote (légumineuses), la méthanisation collective, la relocalisation des ventes sur le territoire, etc.

On peut aussi participer aux GDA (Groupement de Développement Agricole), animés par des conseillers de la Chambre d’agriculture.

Il existe bien d’autres réseaux, en agriculture biologique, en permaculture, pour tous les goûts et sensibilités !

Dans ces groupes de travail, il s’agit d’être curieux, d’observer, de tirer les leçons des échecs comme des réussites, d’apprendre des autres.

Contrairement à l’Agriculture Biologique (A. B.), qui consiste essentiellement à éviter l’utilisation de produits de synthèse, l’agroécologie n’a pas de cahier des charges : elle est expérimentale et globale, son chantier est immense.

Les éleveurs creusois font déjà de l’agroécologie sans le faire savoir ! s’est réjoui Patrick Salez.

Avec son bocage dominant, la Creuse est un territoire privilégié pour l’agroécologie. Pour l’agroéconomiste Patrick Salez, l’élevage creusois, qui est encore le plus souvent familial, herbager et extensif, est un modèle agroécologique.

A Genouillac le bonheur est dans le pré

On pouvait visiter l’exploitation de Françoise Aimedieu, éleveuse d’ovins à Genouillac.

Elle a obtenu la certification A. B. en 2005, mais sa démarche va plus loin : avec son compagnon, elle a planté de nouvelles haies et des arbres, sources de biodiversité et d’ombrages.

L’autonomie alimentaire est pratiquement assurée grâce à ses pâtures -« engraissées » avec les déjections, au foin récolté et à la culture de légumineuses et de céréales, fournies pendant la lactation.

Au moment de la «mise en lutte», les brebis et les béliers broutent du colza fourrager–véritable friandise qui leur donne du peps ! L’exploitation est également autonome pour les ressources en eau. Récoltée dans des puits, l’eau, potable, alimente la maison, la bergerie et même le chauffage (pompe à chaleur eau/eau).

On pense souvent que l’agroécologie est une tentative de retour en arrière : il n’en est rien ! Elle s’appuie sur les recherches scientifiques les plus récentes et utilise, si nécessaire, les technologies actuelles.

Ainsi les brebis de Françoise « passent » une échographie 3 semaines après la saillie, pour confirmer la gestation et évaluer le nombre d’agneaux à venir.

Et les déjections des agneaux sont analysées régulièrement afin de détecter la présence éventuelle de parasites et de pouvoir les traiter par phytothérapie.

Aller encore plus loin avec la Permaculture ?

Une autre façon de faire de l’agroécologie est de pratiquer la « permaculture », qui se définit comme «une conception de cultures, de lieux de vie,et de systèmes agricoles utilisant les principes de l’écologie et les savoirs traditionnels…»

C’est le cas de Marie Sperring à La Cellette. Dans « le Blé en herbe », elle propose des visites guidées de son jardin-forêt, des hébergements, ses produits, et des formations en permaculture.

Elle parle du bonheur, de la sobriété, du plaisir à travailler de ses mains. Pour commencer à se connecter avec la nature, Maria conseille d’apprendre à connaître les plantes qui nous entourent. Elle est présente chaque année à la boutique éphémère de Noël à La Cellette.

Walter Keirse, producteur de plants à Saint-Dizier-les Domaines, est également permaculteur. Il a fait sensation au séminaire en déclarant fièrement devant les personnalités présentes à la tribune : «j’ai échangé mon tracteur contre une brouette et une grelinette !».

Ses pieds mères proviennent de jardins forêts et les plants qui en résultent sont « durables »: ils sont dotés d’une bonne résistance aux maladies et aux aléas climatiques.

Ils sont vendus grâce à un site internet.

 

Un jardin d'Eden

Mais le plus extraordinaire chez Walter est certainement ses haies fruitières conduites selon les principes de l’agroforesterie : « Chaque strate est cultivée sur toute sa hauteur. »

Pommiers, vignes et framboisiers s’entremêlent, avec à leur pied des aromatiques, des légumes…

Toutes ces plantes vivent ensemble et établissent des symbioses, à la manière des arbres « intelligents ».

C’est un jardin d’Eden

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Les Bouchures ou haies vives

Propos sur les bouchures

par Philippe Mauris, mai 2015

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les bouchures, sans jamais oser le demander.

Dans les paysages de bocages du Bas Berry, on entend par bouchures, les haies vives qui délimitent les champs ou les prés. Ces haies sont composées de diverses essences, avec en priorité le noisetier, l’épine, le charme ou le châtaignier, ce dernier fournissant par ailleurs d’excellents pieux de clôture; le saule et l’aulne sont également utilisés mais dans des endroits plus humides, souvent en bordure de ruisseaux.

Ces haies avaient été plantées par nos ancêtres pour limiter et fermer les parcelles et pour faire paître leurs propres troupeaux. Maitre Emile Girouille, notaire à Nouziers (mort en 1926) et qui traitait les affaires des communes avoisinantes à La Cellette, disait à ses clients que plus une terre était productive, plus elle se trouvait morcelée : en effet lors d’un héritage, chacun en voulait sa part et il n’était pas rare qu’une pièce de deux hectares, voire moins, se trouve encore divisée en trois, avec création de nouvelles haies pour séparer les parcelles.

Les agriculteurs, appelés alors laboureurs, comme en témoignent les actes notariés, exploitaient donc de petites superficies, et la création et l’entretien des bouchures occupaient une grande part de leur temps.

Les pousses tendres des jeunes bouchures étaient traitées les premières années par un mélange malodorant, dissuadant de façon efficace les ruminants ovins ou caprins de venir s’y régaler : nos ancêtres préparaient une ‘potion’ à base de bouse de cochon ou de fèces de chiens et en aspergeaient les jeunes haies à l’aide d’un petit balai de branches fines-le pulvérisateur n’existait pas à l’époque.

La bouchure une fois devenue dense et adulte était l’unique moyen de contenir les animaux, car le fil barbelé n’existait pas non plus.

S’agissant d’une haie vive, c’est-à-dire composée d’arbustes ayant pris racine, elle demandait un entretien spécifique. Il fallait de façon régulière, en nettoyer le pied à l’aide d’un faucheret (petite faux réservée à cet usage), et couper les branches trop envahissantes avec une serpe à grand manche. L’hiver, on grebillait, c’est-à-dire que l’on ramassait les petits morceaux de branches sèches, que l’on mettait en tas.

On ramassait également les feuilles tombées, qui pouvaient servir de litière. On profitait du hâle de mars, un fort vent de nord-est asséchant l’atmosphère, pour mettre le feu aux tas de branches ou feuilles, mais alors gare aux embrasements non contrôlés !

De plus, tous les dix ans environs, on abattait complètement la haie, en réservant toutefois quelques tiges les mieux placées : on pliait ces tiges après les avoir entaillées aux trois quarts pour que la sève puisse encore circuler et faire repartir les pousses perpendiculaires; on renforçait alors la jeune clôture par quelques branches d’épines repoussées, en utilisant un grand fourchat de bois à deux dents. C’était tout un art, réservé à d’habiles ouvriers !

Encore aujourd’hui on dit ‘boucher’ un champ ou un pré, lorsqu’on veut y mettre à pacager des animaux: cela consiste alors à remplacer les piquets qui ont fait leur temps ou à prolonger la haie vive, afin que l’endroit soit le plus hermétique possible et que l’agriculteur puisse s’adonner à ses occupations prioritaires.

Ces bouchures, outre qu’elles donnent leur caractère à notre paysage de bocage, présentent de nombreux avantages : elles coupent le vent, régulent le climat (plus de fraicheur en été, et moins de froid en hiver: l’herbe arrive plus tôt au printemps), retiennent l’eau des précipitations, protègent les sols de l’érosion, et enfin, fournissent l’abri et la nourriture à une multitude d’animaux, favorisant le maintien de la biodiversité.

Elles ont tendance à être remplacées aujourd’hui par des clôtures plus modernes telles que fils barbelés ou clôtures électriques branchées sur piles, batteries ou secteur. Notre territoire a été cependant épargné par les destructions massives des haies lors de remembrements, et l’on peut espérer que la prise
de conscience collective de l’importance du bocage freinera cette évolution.

 Le dernier avantage, et non le moindre, est qu’elles favorisent une certaine intimité. A l’évocation de ces haies protectrices, les visages se font malicieux….

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